Mercredi 11 mars 2009 3 11 /03 /Mars /2009 09:08


PIERROT

 

 

0 fou, poète enfant, pantin sensible qui cache et cache encore

un coeur rouge de sang et d'amertume ;

Pierrot rebondissant de planches en planches, sourire aux lèvres,

fleur à la bouche et qui attend que la nuit soit tombée pour laver dans ses larmes son coeur qui se plaint et qui se meurt

0 toi qui au tableau des cancres de l'école de la vie a écrit :

espérance et confiance . Toi qui dors dans la nuit de l'attente

d'un bonheur imaginaire ;

0 rêveur, je t'en prie, enlève ce masque blanc et de tes yeux

profonds et bleus regarde la réalité, l'éblouissante réalité !

Affronte la lueur aveuglante  de l’instant qui s’achève.

 

Trempe ton regard lunaire dans le panorama

de la vie quotidienne, ne respire plus cet air si raréfié  

de l'homme  qui vit sur le côté, le côté de l'autre côté ;

Abandonne ce monde qui t'assomme à coup de déceptions, rejette les désillusions qui t'entravent ;

Naufragé du sentiment viens te reposer, viens revivre sur l'îlot

de la raison, lâche là les passions et viens soulagé vers le

monde de l'intérêt ;

Coupe donc le fil de ces rêves insensés et cueille le fruit de

l'action d'un vivant . Arrête là, je t'en prie, et ne reste plus

ce que tu es .

Aimes tu tant la souffrance, aspires tu au chagrin pour croire

et croire toujours, qu'enfin sera le jour de ton amour .

Où est-il ton amour, quel est-il cet amour ? Après un bain de

pleurs de l'ennui d'un échec, tu repars à nouveau et recrois de

plus belle ; tu espères à nouveau et aspires de plus belle à une

union sereine, à une étreinte vaine . Que crois tu donc ,

grand sot !

Ton sentiment se fait en une seule journée

pour une chouette poupée .

Elle est belle, elle est blonde, elle est là : tu la veux .

Tu te donnes tout entier derrière le paravent de l'être indifférent,

tellement transparent qu'on devine à travers la frêle silhouette

du romantique qui s'est trompé de siècle ou bien de société.

Tu te livres totalement, et puis ... Et puis sachant qu'aimant tu

voudrais qu'en échange l'autre puisse faire semblant juste que

pour le temps d'un certain temps tu penses : j'aime et je suis

aimé . Quelle juste répartie, quelle belle égalité qui pourrait

exister si l'autre te voyait . Pauvre Pierrot, abonné de malchance

tu choisis des aveugles ou des filles empêchées, qui aimeraient

bien mais qui ne peuvent pas, qui t'aiment bien mais ne t'aiment

pas . Dans la pochette surprise de l'amour des enfants tu tires

toujours le lot de l'amour impossible et tu ne rugis pas ?

Une goutte tombe de ta cervelle de bois, tu baisses la tête pour

mieux cacher les yeux d'un pantin malheureux, puis tes ficelles

t'emmènent vers un autre tirage,

vers un autre mirage.

 

Février 1974, Paris

Par Daniel Deschamps - Publié dans : Poésie
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Mardi 10 mars 2009 2 10 /03 /Mars /2009 18:28

VIEILLESSE

Monde d’indifférence. Montagne d’illusions

Mon cœur est en errance, en dégoût de passion.

L’étoffe bleue du ciel inexorablement se déroule

Et les glaciers fondent et les larmes coulent.

Ce torrent qui ravine le visage du rêveur

Ce torrent qui dessine l’image de laideur

Cette eau qui dégouline

La peau qui se ravine

Jeunesse mon cœur ne bat plus

Puisque je ne t’ai plus

Tu me le fais sentir

Tu me le fais souffrir.

 

Daniel des Champs, Le Mans, 1983.

Par Daniel Deschamps - Publié dans : Poésie
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Mardi 10 mars 2009 2 10 /03 /Mars /2009 11:53

Je voudrais que le souffle de mes pensées pour toi te réchauffe

et éclaire ton visage d'un sourire malicieux qui te sied tant.

Je voudrais que mes mains saisissant ton coeur gelé y laissent

une empreinte indélébile qui provoquerait le temps .

Fleur pétrifiée dans un désert d'émotion tu ressembles à une

rose des sables.

Et moi, touareg errant dans l'univers d'amour je m'écorche les

doigts à vouloir te saisir, âme désirable .

Un sang d'encre s'égoutte de mes veines, pur comme un vin de

grenade maculant d'une tache rouge le cahier d'écolier où

innocent j'écris, rêveur gosse en ballade .

 

Le Mans 7. 4. 83 •

Par Daniel Deschamps - Publié dans : Poésie
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Lundi 9 mars 2009 1 09 /03 /Mars /2009 12:05

 

Si je n'avais rien à dire je suis sûr que j'écrirais:

Le ciel délavé me fracasse la tête et dans le tourment de

cette incohérence je me retrouve, encore, rêveur et blême .

Si je devais dire quelque chose je crois que j'écrirais:

J'aimais quand la clé de ton coeur me faisait pénétrer profondément en toi par la porte de ton regard grand ouvert sur moi .

 

Le Mans 1983

Par Daniel Deschamps - Publié dans : Poésie
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Dimanche 8 mars 2009 7 08 /03 /Mars /2009 12:01

STEPHANIE

 

Elle avait une voix d'ange douce et belle

On eut dit une musique du ciel .

Elle parlait de lumière et ses yeux scintillaient,

Braises ardentes entre toutes les braises;

Ses longs cheveux lisses

Encadraient son visage

Et moi j'admirais son image

Ses traits de magicienne

Qui cherchait ses mots pour parler de Jésus,

Incroyable bohémienne

Qui rentrait dans la crèche

Comme dans un monde connu.

Me regardant parfois comme pour se rassurer,

Elle attendait de moi que je la regardais

Mon coeur s'éclairait, souriait très fort

A cette enfant de rêve.

Mon âme s'embaumait, jubilait,

Et tout au fond de moi montait le rêve

De l'adulte qui contemple un monde d'innocence,

De l'homme heureux devant cette insouciance,

Cet univers étrange qui vous chavire,

Ce gouffre où l'on voit celle qui vous attire .

Je la contemplais, elle était adorable

Les saints se seraient querellés pour manger à sa table.

Je l'admirais, elle était admirable,

J'étais heureux quand elle souriait.

 

Décembre 86

Par Daniel Deschamps - Publié dans : Poésie
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